C’est désormais chose faite : les épreuves anticipées de français à l’issue de la Première dès 2020 et de l’épreuve orale de contrôle, pour les candidats qui en ont fait le choix, au second groupe d’épreuves du baccalauréat 2021, sont désormais fixées et leur définition paraît au B.O. le 25 avril 2019.

Le projet initial est confirmé : les épreuves anticipées porteront sur le programme d’œuvres de la classe de Première (renouvelable par moitié tous les ans). Elles sont conçues pour permettre d’évaluer chez l’élève tant des compétences générales (expression, construction de l’argumentation) que les connaissances acquises en matière de culture littéraire.

L’épreuve écrite

• À l’écrit des séries générales, le candidat se voit proposer deux types de sujet : le commentaire et la dissertation.

Le commentaire porte sur un texte qui, sans être extrait d’une des œuvres au programme, porte sur l’un des objets d’étude : le récit du Moyen Âge à nos jours, la poésie du XIXe siècle à nos jours, le théâtre du XVIIe siècle à nos jours, ou la littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle. La dissertation traite d’une question littéraire portant sur l’une des œuvres au programme et sur le parcours qui lui est associé. Comme le programme propose trois œuvres par objet d’étude, il y aura trois sujets de dissertation entre lesquels l’élève pourra choisir, selon l’œuvre qu’il aura étudiée en classe au cours de l’année. Les modalités du commentaire et de la dissertation demeurent souples : il s’agit pour le commentaire de présenter une interprétation organisée et justifiée du texte, et pour la dissertation, une réflexion argumentée.

• Les candidats des séries technologiques auront le choix entre le commentaire d’un texte en lien avec l’un des objets d’étude, à l’exception de « la littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle » et une contraction suivie d’un essai.

Le sujet du commentaire sera formulé de façon à guider le candidat. Le texte à contracter relève d’une « forme moderne et contemporaine de la littérature d’idées », mais il partage son thème avec l’œuvre et le parcours au programme de l’année dans le cadre de l’objet d’étude « la littérature d’idées du XVIe au XVIIIe siècle ». L’élève doit le résumer au quart (avec tolérance d’une marge à plus ou moins 10 %) en reformulant son argumentation et en respectant son énonciation, sa thèse, sa composition et son mouvement. Il indique à la fin le nombre de mots utilisés. Le sujet de l’essai porte sur le thème commun au texte à contracter et le programme de littérature d’idées étudié pendant l’année : c’est pourquoi le candidat pourra réutiliser les connaissances acquises en cours d’année pour nourrir son argumentation.

• L’évaluation : tous les exercices sont évalués sur 20 points. La contraction et l’essai sont évalués sur 10 points chacun. Le coefficient de l’épreuve est de 5, quelle que soit la série.

L’épreuve orale

Elle est affectée d’un coefficient équivalent à celui de l’écrit, pour toutes les séries. Elle vérifie les compétences et connaissances acquises en cours d’année par l’élève tout en lui laissant une marge d’autonomie. La prestation orale dure 20 mn et elle est précédée d’une préparation de 30 mn.

Cette épreuve est en effet organisée en deux temps :

• dans un premier temps, l’élève est interrogé sur un texte extrait du « descriptif des activités » établi par son enseignant. Ce descriptif récapitule les œuvres et textes étudiés pendant l’année ; il précise lesquels ont fait l’objet d’une analyse détaillée, les seuls à pouvoir donner lieu à une interrogation. Le nombre de textes minimal est élevé : pour les séries générales, 6 textes par objet d’étude (3 sur l’œuvre et 3 sur le parcours associé), ce qui porte à 24 le nombre de textes obligatoirement étudiés de façon détaillée ; pour les séries technologiques, 4 textes par objet d’étude (2 pour l’œuvre, 2 pour le parcours associé), ce qui porte à 16 le nombre de textes.

L’examinateur choisit le texte : il ne l’assortit plus d’une problématique, mais d’une question de grammaire portant sur un passage du texte d’interrogation. Au bout des 30 mn de préparation, l’élève dispose de 12 mn pour présenter une explication linéaire du texte et répondre à la question de grammaire. La notation sur 12 points se répartit ainsi : 2 points pour la lecture à voix haute, 8 points pour l’explication, 2 points pour la grammaire.

• le sujet sur lequel porte la seconde partie de l’épreuve, d’une durée de 8 mn, est laissé à l’initiative de l’élève : en effet, c’est lui qui présente l’œuvre de son choix, parmi celles étudiées en classe ou proposées à titre de lectures cursives obligatoires par l’enseignant. L’élève a donc pu préparer en amont de l’épreuve sa prestation. Le candidat présente l’œuvre et motive son choix dans un bref exposé suivi d’un entretien au cours duquel il est invité par des questions posées par l’examinateur, à expliquer, approfondir sa réflexion, justifier ses propos… Cette partie de l’épreuve orale est notée sur 8 points.

Les atouts des manuels Passeurs de textes

Le manuel Langue et méthodes et le manuel Livre unique Passeurs de textes ont été conçus dans le but d’accompagner le mieux possible les enseignants dans leur tâche et de favoriser la réussite des élèves aux épreuves écrites et orales du baccalauréat.

• On trouvera dans la partie Épreuves du bac des manuels de Seconde et de Première une préparation détaillée à chaque type d’épreuve. Un exemple entièrement rédigé permet de proposer un modèle aux élèves et de dégager une définition de chaque exercice : commentaire, dissertation, contraction, essai. Puis des leçons, assorties d’exemples et suivies de nombreux exercices d’entraînement, ciblent les difficultés de chaque type de sujet et permettent de travailler, étape par étape, tous les éléments nécessaires à la réalisation complète d’un devoir.

• Une attention particulière a été portée aux nouveautés introduites par le nouveau programme : la dissertation sur œuvre (10 fiches), la contraction de texte suivie de l’essai (12 fiches au total), la préparation de l’épreuve orale. Si les fiches consacrées au commentaire sont moins nombreuses (6), c’est que d’autres parties du manuel assument également un rôle de préparation. Dans la partie Méthodes, les fiches « Outils d’analyse littéraire » aident l’élève à acquérir les outils nécessaires pour analyser des textes en fonction de leur genre (récit, théâtre, poésie, argumentation) et à les mobiliser au service du sens du texte sans verser dans une approche techniciste, pour l’explication linéaire comme pour le commentaire. Dans la partie Littérature, l’appareillage pédagogique des textes propose en alternance, aussi bien en Seconde qu’en Première, deux modes d’étude : « au fil du texte » ou « lecture analytique », l’un invitant à une explication qui quoique linéaire déjoue le risque de l’émiettement et suit une progression cohérente, l’autre offrant la possibilité de construire un commentaire ordonné.

• La question de grammaire fait également l’objet de deux modes d’entraînement.

Chaque manuel propose, d’une part, une partie Étude de la langue consacrée à l’étude systématique des points de grammaire affichés aux programmes de Seconde et de Première. Ces leçons sont assorties d’exercices portant généralement sur des textes littéraires relevant de chaque genre étudié en littérature et appartenant aux périodes couvertes en Seconde ou en Première. D’autre part, l’appareillage de tous les textes étudiés dans la partie Littérature contient une question de grammaire intégrée dans la démarche d’analyse du texte, de façon à relier l’étude de la langue à la compréhension et à la démarche d’interprétation.

Le souci de ne pas séparer la grammaire des compétences d’expression et de compréhension est visible dans l’organisation des leçons et exercices de la partie Étude de la langue. Chaque leçon contient des conseils pour améliorer l’expression, mais aussi des remarques sur les principaux effets stylistiques de tel ou tel point linguistique. Les exercices suivent toujours une progression : du repérage à la manipulation, de la compréhension à l’expression personnelle, de l’analyse grammaticale à l’élaboration d’une interprétation.

• Enfin, l’appareillage des textes dans la partie Littérature fournit de nombreuses suggestions de prolongement permettant de travailler la préparation des épreuves du bac dans le prolongement de l’étude des textes : par le biais d’écrits d’appropriation, de recherches complémentaires, de propositions d’exercices partiels de commentaire, de dissertation, de contraction ou d’essai.

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7 commentaires

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  1. Merci de cette synthèse concernant les nouvelles épreuves de français, même s’il est déjà évident que ces nouveaux programmes et modalités n’aideront en rien les élèves et leurs enseignants ! Les décisions prises ne paraissent n’avoir ni le sens des réalités, ni le sens des priorités. On crée inutilement des obstacles supplémentaires sans contrepartie. Les élèves n’auront pas davantage d’heures de français pour digérer un programme chargé; les enseignants, bridés par un programme imposé, ne seront pas davantage rémunérés. Plus ça change, plus c’est la même chose. Déception et amertume. Merci de votre attention, compréhension et publication.

  2. Merci pour cet article clair. Juste une petite erreur : 4 fois 4 textes pour les séries technologiques, donc 16 textes pour l’oral et non vingt.

  3. Bonjour, pour les séries techno logiques, le nombre de textes à étudier est de 16 (4 X 4 objets d’étude) et non de 20…

  4. Epreuve pensée à l’origine pour un programme de 4 œuvres dans le projet, maintenue par une sorte de bricolage bancal de dernière minute pour le programme de 12. Evidemment il est illusoire de penser que tous les enseignants correcteurs vont potasser à fond les œuvres qu’ils n’auront pas choisies , que ce soit pour évaluer la dissertation ou mener l’entretien (c’est peut-être encore plus vrai pour les enseignants débutants ou précaires, et de toute façon, il y a des limites à la charge de travail imposable aux professeurs de français, déjà sans commune mesure avec bien des matières). Au nombre des élèves les mieux notés seront donc probablement ceux qui feront le mieux illusion (comme pour les enseignants en fait 🙂 ). Il va en outre sans dire que les attentes seront totalement différentes entre un correcteur qui a travaillé l’œuvre et un qui n’en a qu’un souvenir un peu ancien, voire ne la connaît pas. Bref, je trouve cela bien triste que quelque chose de si important et touchant à la justice de l’évaluation soit si visiblement bâclé.

  5. Bonjour
    Votre lecture, très claire des épreuves, me donne envie de découvrir les manuels « passeurs de textes ».

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